Le Queyras randonnée via Col Agnel, le Col Vieux et les Lacs Foréant & Egorgeou – Jadis espace de liberté aujourd’hui lieux d’interdits et des restrictions

Lac Foréant - La Taillante sur la gauche - Col Agnel dans le fond

Préambule

Nous y voilà – les terrains de mon enfance. C’est une région que j’affectionne particulièrement pour ses étendues, ses cimes et son côté sauvage. Mon père m’y a appris la montagne et ses dangers. J’essaie de me rendre annuellement dans cette région méconnue du grand public et que seuls certains initiés évaluent sous ses différents angles.

Il existe deux catégories de gens dans ce bas monde, ceux qui savent prononcer correctement “Queyras” et les autres. Quand on est du cru on en prononce pas le “S” final, sinon cela indique que tu es un visiteur (de passage) et il est mal vu de faire passer pour un local quand on n’en n’est pas un. L’origine du nom provient de la tribu gauloise les Quariates, qui habitèrent jadis ces hauteurs. Egalement, le nom proviendrait du radical “cair” qui désigne un rocher, une dent, une pointe rocheuse. On comprend vite alors la topographie locale.

Au cours des différentes époques le Queyras a su s’ouvrir sur le monde. Il était alors un lieu de passage entre la plaine du Pô et le sud de la France. Par le passé cette région a connu prospérité et croissance démographique . Aujourd’hui, l’aspect de cette vallée est tout autre et le paysage agricole a disparu. De fait, il n’y a plus de champs cultivés, plus de canaux surélevés. Les hameaux d’estive sont souvent en ruines, les prairies de moins en moins souvent fauchées et de plus en plus boisées.

Les terrasses constituaient quand elles étaient encore entretenues et visibles un des éléments essentiels du paysage queyrassin. Ce sont des murets de pierres sèches ou des talus de terre couverts d’herbes qui servent à retenir la terre arable et permettent de cultiver les parcelles abruptes et de les irriguer par gravitation, l’eau étant amenée dans des canaux creusés très haut dans la pente. Les versants d’adroit, au-dessus ou autour des villages, sont organisés ainsi. Il y a un siècle, quand la montagne était une ruche en activité, elle se présentait sous l’aspect d’un jardin de pente. Aujourd’hui, l’entretien des terrasses (n’)est (pratiquement) plus assuré ; les prés sont de moins en moins souvent fauchés. Les communaux, que les bêtes jadis paissaient au printemps, ne sont plus que des friches à mauvaises herbes et à arbustes.

À terme, des paysages, faits de terrasses et de prés de fauche qui, pendant des siècles, ont été typiquement queyrassins, tendent de disparaître et d’être rendus à la forêt.

J’ai connu jadis dans ces immenses espaces une liberté infinie, aujourd’hui, elle est toute autre.

Le Queyras a évolué au travers des différentes époques. Mais une certitude est alarmante: Il y a eu l’avant parc ou le Queyras rimait avec liberté et l’après parc qui s’apparente davantage à une tyrannie de la bien-pensance.

J’ai eu beaucoup de mal à écrire cet article car je n’ai pas voulu choquer mes lecteurs, mais à quoi bon… ce n’est que le fond de ma pensée et la réalité comme je la perçois. J’aurai beau travailler les mots, revoir la tournure des phrase, si c’est pour ne pas être en accord avec moi même. Alors, lâchons les chevaux !!

Tu le comprendras vite au travers de ces lignes mais on aurait voulu détruire la vie part ici, anéantir ce patrimoine historique, en faire une réserve d’indien, une économie maintenue sous perfusion où l’on est très généreux avec l’argent des autres, un lieu laboratoire ou l’Etat ultra-interventionniste dicte ses lois bref un paradis idyllique pour fascistes-bobos (Bourgeois-Bohèmes) experts de la culpabilisation générale que l’on pas voulu s’y prendre autrement. Ma plume est un peu assassine à l’encontre de ces gens que je n’apprécie guère.

J-le parc

Je me souviens encore quand le parc n’existait pas, que j’étais libre d’aller ou bon me semblait comme cela se passe dans n’importe quel pays civilisé. J’avais appris par la chasse à apprécier la nature et la respecter (et pour ne citer que ma grand-mère et ses dictons : “tout ce que tu tues … tu manges” “on ne tue que pour manger“), et dès le plus jeune âge j’évoluait au travers de ces terrains pentus en toute connaissance, j’avais alors la possibilité de m’épanouir de découverte en découverte et je finissais toujours cette randonnée avec l’immense conviction d’y revenir un autre jour pour y observer la vie. Aujourd’hui, je suis furieux car les cimes sont strictement gardées avec une interdiction formelle de passer Brèche de Ruine sous peine du amende ubuesque (3’600 EUR par tête de pipe), il y a désormais un sentier ou l’on vous dit quoi faire, quoi penser et un jour peut être quoi voter…

Pour la petite histoire

Les curieux qui oseront s’y aventurer vous y trouverez un panneau vous narrant que les mammouths (animal des steps évoluant par définition sur des terrains plats) vagabondaient joyeusement sur ce qui était alors, par le passé, un glacier sous les 3’000m. Déjà, que moi j’ai de la peine à évoluer sur un glacier sans crampons j’ose même pas imaginer un pachyderme à poils s’y risquer. Pour y déguster … de la neige… 🙁

La nature bientôt interdite à tous?

Je suis inquiet car je me dis à mon jeune âge – qu’adviendra t’il des générations futures? Pour sûr, elles ne connaîtront pas le plaisir d’arpenter cette vallée magique, observer les chamois, voir l’envol d’un lagopède et ses immensités fleuries au printemps. On me dira c’est pour mieux les protéger à l’égard du monde. Ok, venez sur place et dites moi si nous parlons bien du même sujet. Des moutons AOC (subventionnés à gogo) désormais pâturent partout, détruisent les œufs des quelques oiseaux de haute montagne, la région est désormais un foyer permanent de kératoconjonctivite qui s’étend, grâce aux mouches, à l’ensemble du cheptel et je ne parle pas du reste (eaux contaminées…).

Contre ou en faveur du parc la réponse est tranchante définitivement: opposé à cette hérésie.

 

Les choses sérieuses

L’objectif est d’atteindre le Col Vieux et ses 2806m d’altitude depuis la route remontant de Molines, Fontgilllarde en direction de l’Italie via le Col Agnel, et ainsi, descendre la vallée des lacs Foréant et Egorgeou et enfin de rejoindre l’Echalp et Ristolas. Un chemin par les cimes permet de rencontrer les lacs de l’Eychassier. C’est une longue randonnée d’une vingtaine de kilomètre.

Il est nécessaire d’être en condition physique puisque ce parcours prend une journée. Le matériel de haute montagne est obligatoire étant donné que l’on effleure les 3000m et que le terrain est accidenté si l’on sort du sentier.

Munis toi d’une bonne paire de jumelle car la faute présente te verras de très loin dans ces grands espaces.

faune locale: Lagopède, lièvre variable, chamois, bouquetin, chevreuil, cerf et tétras lyre.

Lac Foréant – La Taillante (3’197m) sur la droite Arrivée au Col Vieux

mon team
Direction Brèche de Ruine
Prêt pour une approche d’un bouquetin sur Brèche de Ruine?

Ici une jeune étagne (bouquetin femelle)
Mon père
Les territoires interdits désormais à l’homme 🙁

Groupe composé uniquement de mâles bouquetins
La sentinelle

Ici un jeune mâle. Les cornes des étagnes sont fines et ne disposent pas de tubercules aussi massifs.

Pour connaître l’âge d’un bouquetin mâle comme ici sur cette photo, il est nécessaire de compter le nombre de tubercules de croissance sur une corne. Chaque tubercule correspond à une année.

La Taillante 3’197m
Lac Foréant – Crêtes de Fonzes sur la gauche – Col du Clôt du Poulain dans le fond

On se rend bien compte ici de la présence jadis d’un glacier

Le Col Vieux est sur la droite – Brèche de Ruine au centre 2’908m
Brèche de Ruine

La Taillante

Clôt du Poulain
Lac Egorgeou

Ancienne vallée glaciaire

La Taillante porte bien son nom. Parcours difficile.

Le terrain est accidenté
On atteint la lisière supérieure

Mont Viso 3’841m
Voici la raison du parc… et l’origine de la kératoconjonctivite

 

Adieu ! On s’en jaille terrible ici!

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